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IV. - Cas
particuliers
A. - Cas
particulier des examens de laboratoire destinés aux recherches
biomédicales
Les analyses
de biologie médicale effectuées au cours des recherches
biomédicales entrant dans le cadre du livre II bis du code de
la santé publique sont notamment destinées :
- soit à mettre en évidence une propriété pharmacologique ou
thérapeutique d'un ensemble de molécules médicamenteuses se
traduisant par une modification qualitative ou quantitative d'un
constituant biologique ;
- soit à révéler une toxicité susceptible d'induire une
altération métabolique générale ou une insuffisance
organique ou fonctionnelle.
Au cours de ces expertises, l'interprétation des résultats
biologiques met en œuvre des méthodes statistiques d'une
importance primordiale devant éviter de fausses conclusions de
l'essai clinique.
1.
Etablissement du protocole expérimental
C'est un temps capital : de sa rigueur dépendra en grande
partie la qualité de l'essai clinique.
Le protocole expérimental est établi, en tenant compte des
exigences législatives et réglementaires, par concertation
entre les différentes parties intéressées : le promoteur de
l'essai clinique, le médecin investigateur, le biologiste et le
statisticien.
Il doit détailler avec précision les différents stades et
opérations de l'essai clinique. Outre la nature, le nombre et
la fréquence des examens demandés, il faut apporter une
attention particulière aux points suivants :
- le médicament administré ou ses métabolites est (sont)
susceptible(s) de fausser certains résultats analytiques ;
- l'heure des prélèvements et son rapport avec celui de
l'administration médicamenteuse ;
- les conditions de prélèvement, d'étiquetage, de transport
au laboratoire, du traitement préalable, ainsi que la
température et la durée de conservation en cas d'analyse
différée ;
- l'incidence des jours fériés.
Des procédures opératoires claires et détaillées doivent
être établies à l'usage du personnel chargé du
prélèvement, de l'identification, du traitement préalable, du
transport et de l'exécution des analyses.
La méthode analytique doit être choisie en fonction des
exigences de l'expertise : appareillage, réactifs, choix des
étalons, des échantillons de calibrage et de contrôle ; ses
performances, précision, exactitude, spécificité doivent
être communiquées.
Dans toute la mesure du possible, la méthode analytique doit
être identique pendant toute la durée de l'essai (mêmes
réactifs, mêmes solutions de calibrage et mêmes échantillons
de contrôle).
L'exécution immédiate ou différée des analyses doit faire
l'objet d'une concertation. En cas d'exécution différée, les
conditions de conservation et d'exécution des analyses doivent
être précisées.
La suspicion d'une toxicité du produit administré rend
dangereuse l'exécution différée des analyses et nécessite
l'envoi immédiat des résultats au médecin investigateur.
Les comptes rendus, outre les résultats des analyses
biologiques, doivent mentionner ceux des contrôles ; les
résultats doivent être transmis au médecin investigateur.
Au cours de ces expertises, l'interprétation des résultats
biologiques met en œuvre des méthodes statistiques sur
lesquelles le biologiste doit donner son avis pour éviter de
fausser les conclusions de l'essai clinique.
2.
Réalisation du protocole
Le biologiste responsable de son exécution doit veiller :
- à ce que les résultats des analyses qui explorent des
fonctions vitales puissent être utilisés dans des délais
compatibles avec la mise en œuvre d'une surveillance clinique ;
- à la bonne exécution des analyses en conformité avec les
prescriptions du guide et les règles édictées par le
protocole expérimental ;
- à la validation des résultats ;
- à l'édition des résultats ;
- à la transmission de ce compte rendu : la bonne et rapide
exécution de cette opération est particulièrement importante
quand la variation de certains constituants biologiques peut
entraîner l'exclusion de l'étude du patient concerné ;
- à l'archivage des résultats, y compris des données brutes
(en particulier suivi de l'analyse).
Dans le cas d'une étude multicentrique, il est fréquent de
confier à un seul laboratoire la réalisation de l'ensemble des
examens ou d'une partie d'entre eux : des procédures
opératoires doivent être élaborées pour optimiser les
conditions d'envoi des échantillons biologiques au laboratoire
exécutant. Si cette solution centralisée n'est pas retenue,
tous les laboratoires inclus dans l'essai clinique doivent
utiliser rigoureusement la même méthode de traitement et de
mesure pour s'assurer de la cohérence des résultats et
permettre leur exploitation.
3. Comptes
rendus
Outre les comptes rendus concernant chaque échantillon établis
conformément aux prescriptions figurant au chapitre III-4
ci-dessus, il est conseillé au biologiste d'établir :
- avant le début de l'essai clinique, un document général
concernant l'ensemble de la méthode analytique, des modalités
du contrôle de qualité, celles de l'expression et de la
transmission des résultats. Ce document général doit être
rédigé et communiqué au promoteur de l'essai clinique et au
médecin investigateur ;
- un document récapitulatif par personne impliquée dans
l'expertise indiquant : les différents résultats avec la date
et l'heure de prélèvement et celle de l'exécution des
analyses ; les résultats des échantillons de contrôle avec
les mêmes renseignements chronologiques ; les éventuelles
remarques ainsi que les incidents survenus.
B. - Cas
particulier des examens utilisant les techniques de biologie
moléculaire
1.
Organisation
La mise en œuvre des techniques de biologie moléculaire
nécessite un encadrement et un personnel formés à ces
techniques.
L'utilisation des techniques fondées sur l'amplification de
" signal " ou une simple réaction d'hybridation
n'impose qu'une vigilance accrue dans l'organisation du
laboratoire.
La mise en œuvre des techniques de biologie moléculaire
fondées sur une amplification d'acides nucléiques impose des
contraintes structurelles particulières visant à limiter les
possibilités de contamination croisée par les produits
d'amplification, à l'origine de résultats faussement positifs.
Les locaux comprennent trois zones indépendantes dont la
distribution assure une circulation cohérente et "
monodirectionnelle ". Pour les deux premières zones, deux
schémas organisationnels sont possibles :
1. Soit la première zone est utilisée pour la préparation des
réactifs, la deuxième zone est utilisée pour la préparation
des échantillons à tester ainsi que leur mise en présence
avec ces réactifs.
2. Soit la première zone est utilisée pour la préparation des
échantillons et la deuxième zone est utilisée pour la
préparation des réactifs et leur mise en présence avec les
échantillons à tester.
La troisième zone est utilisée pour réaliser les étapes
d'amplification et d'analyse des produits amplifiés. La
séparation entre ces trois zones doit être absolue.
En cas de mise en œuvre des techniques de biologie moléculaire,
les gants, les blouses et le petit matériel (pipettes...)
devront être spécifiquement attribués à chacune des trois
zones précédemment définies. De plus, dans ce cas, les
opérations d'évacuation des déchets, de nettoyage et
d'entretien des locaux devront respecter la circulation
cohérente et " monodirectionnelle " (évoquée
ci-dessus) et être fixées par des procédures particulières.
L'automatisation des analyses de biologie moléculaire peut
modifier les exigences concernant les locaux, après avis de
l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de
santé.
2.
Réalisation des examens
Le prélèvement et le transport des échantillons biologiques
ainsi que l'exécution des analyses doivent répondre aux
règles générales énoncées au paragraphe III-2 du présent
texte. Des conditions particulières au type d'analyse sont
susceptibles d'être fixées par des procédures et modes
opératoires spécifiques.
Les techniques analytiques doivent :
- soit utiliser des réactifs conformes à la réglementation en
vigueur et employés selon le mode opératoire préconisé par
le fabricant ;
- soit utiliser des réactifs préparés dans le laboratoire
même. Dans ce cas, ces techniques devront être validées
scientifiquement, s'appuyer sur des références
bibliographiques et faire l'objet de procédure et de mode
opératoires détaillés.
3.
Expression des résultats
Le laboratoire doit rendre les résultats en indiquant :
- le nom du réactif enregistré utilisé (ou de la technique
utilisée à défaut de réactif enregistré) ;
- le cas échéant, la valeur seuil de positivité de la
technique ;
- les unités de mesure pour les analyses quantitatives ;
- le cas échéant, les résultats antérieurs, notamment lors
d'un suivi thérapeutique.
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